Livre blanc sur le dialogue interculturel du Conseil de l’Europe

22 October 2008

Réponses au questionnaire adressé aux Organisations Non Gouvernementales par le Groupe Interconvictionnel1 d’ONG de préparation du Colloque 3I

I ) Présentation du Groupe Interconvictionnel d’ONG (G3I)

Ce groupe interconvictionnel de préparation du Colloque 3I (G3I) est un groupe européen. Il comprend des associations humanistes regroupées dans l’Union Humaniste Internationale et la Fédération Humaniste Européenne, des associations laïques regroupées au sein de la Ligue Internationale de l’Enseignement et de la Culture, des associations de conviction chrétienne regroupées dans le Réseau Européen Eglises et Libertés, des associations de culture musulmane, telle le Manifeste des Libertés et des associations de culture juive, telle le Cercle Gaston Crémieux. Ce groupe pratique depuis plus d’un an la réflexion, l’action et le dialogue interconvictionnel pour la préparation du colloque international, intercuturel  et interconvictionnel « Cohésion Sociale dans une Europe multiculturelle rôle et impact des courants de pensée et des religions » qui se tiendra au Conseil de l’Europe les «  et 4 octobre prochains.

Les réponses qui suivent sont le fruit d’une réflexion et d’un dialogue interconvictionnel mené par le groupe dans son ensemble lors d’une de ses réunions de travail.

II ) Réflexions préliminaires sur la culture et le dialogue interculturel

- concepts de diversité culturelle et de spécificité culturelle

Avant de parler de diversité culturelle, il est important de définir ce que l’on entend par culture :

Les concepts de diversité culturelle, ou de spécificité culturelle peuvent être trompeurs pour plusieurs raisons :

a) la culture est « englobante »,
De ce fait, la culture est difficile à caractériser et à objectiver dans le cadre de cette culture (je juge et j’analyse  ma culture en utilisant les concepts et leurs expressions élaborés par ma propre culture). Les cultures ne peuvent donc se concevoir et s’identifier que dans le dialogue avec d’autres cultures. Ainsi, une culture ne prend conscience d’elle-même que dans le contact avec d’autres cultures.

L’humanité de chacun et chacune ne peut se construire que dans le contact avec les diverses cultures. En effet, le réel et les expériences humaines sont découpés dans chaque culture par des concepts exprimés par de mots qui ne se recouvrent pas d’une culture à l’autre, ce qui peut rendre les traductions d’une langue dans une autre  très difficile2 et engendrer des incompréhensions.  Ils sont pour ainsi dire découpés par des données différentes3. De plus, ces concepts sont évolutifs dans chaque culture.

Pour qu’il y ait dialogue entre deux cultures, il faut un véhicule qui permette de faire des allers et retours d’une culture à l’autre (langage, art, attitudes, personnes imprégnées des deux cultures).   De plus, comme les concepts et les mots qui les expriment évoluent  au cours du temps, ce véhicule est en perpétuelle évolution.  Ainsi la traduction doit-elle être un processus dynamique, comme le dialogue interculturel.

b) diversité culturelle et diversité des identités :
La notion d’identité culturelle est fortement ambigüe car une culture peut générer diverses identités. Deux personnes de même culture peuvent se retrouver avoir des identités très éloignées, alors que deux personnes de culture différentes peuvent se retrouver avoir des identités proches.  Ces dernières personnes peuvent justement favoriser le dialogue interculturel.
Il n’y a donc pas une relation biunivoque entre culture et identité.

- importance du maintien de la diversité culturelle

Le maintien de la diversité culturelle et donc la protection des cultures minoritaires doit être une dominante de la politique culturelle de l’Europe, pour au moins deux raisons :

a) ne pas tronquer la perception du « réel »
Chaque culture appréhende le « réel », l’exprime, le met en œuvre à sa façon, ce n’est que dans la confrontation de ces perceptions diverses que l’humanité s’enrichit et élargit sa vision du réel. La disparition d’une culture est donc une troncation de la perception du réel par l’humanité.

Une culture dominante qui ne respecte pas les cultures minoritaires  conduit à deux enfermements qui peuvent conduire au communautarisme:

- celui de la culture dominante qui s’enferme dans une « réalité » tronquée

- celui de la culture minoritaire non reconnue qui s’enferme sur elle-même pour se protéger et maintenir sa « pureté »

b)éviter l’enfermement culturel
Ce danger est celui d’une culture qui se considère comme seule en mesure de percevoir « tout le réel » et rejette les autres comme des déviations. Le danger d’enfermement est particulièrement marqué pour les cultures minoritaires, si elles se sentent menacées. D’où l’importance du maintien et de la protection des cultures minoritaires.

- cultures, valeurs, religions et courants de pensée

Deux  situations conflictuelles apparaissent dans le dialogue interculturel et particulièrement dans sa dimension interreligieuse, disons interconvictionnelle. Ces situations sont historiquement apparues notamment avec les religions monothéistes (essentiellement chrétiennes et musulmanes):

1) Situation dans laquelle une religion ou un courant de pensée s’approprie les valeurs qui sont universellement reconnues en prétendant  être seul à les posséder et les promouvoir. Dans ce cas, les autres cultures, religions et courants de pensée sont dévalorisés de fait, ce qui crée ipso facto une barrière entre les personnes. Une valeur universellement reconnue est le bien de toute l’humanité et pas d’une seule de ses composantes, même si elle a pu être proposée ou rappelée à certains moments historiques par une religion ou un courant de pensée.

2) Situation dans la quelle une religion ou un courant de pensée  veut imposer à tous une valeur qu’il est seul à reconnaître. Les religions ou les courants philosophiques n’étant pas des services publics et n’étant pas investis du pouvoir public ne peuvent imposer des valeurs. Une religion ou un courant de pensée peut évidemment proposer certaines valeurs, en débattre avec d’autres, mais pas les imposer.
Ce point est résolu dans le cadre de laïcité.

Il est donc indispensable pour qu’un dialogue authentique puisse s’établir que les religions ou les courants de pensée qui ont de telles prétentions mettent en œuvre un cheminement et un processus de désappropriation de valeurs (et non un processus de rejet de ces valeurs !).

- culture valeur et genre (sexe)

Ce qui vient d’être dit pour les religions ou les courants de pensée peut s’appliquer au sexe :  la notion de valeur féminine et de valeur masculine sont -lles reconnues par les femmes ou sont-elles imposées par une culture masculine ou une culture religieuse ou philosophique dominante ? Existe-t-il une culture alternative, un savoir faire alternatif à la culture et au savoir faire masculin ?

Il est donc indispensable pour qu’un dialogue authentique puisse s’établir qu’un processus de « désassociation » entre valeur et sexe soit mis en œuvre.

III ) Réponses proprement dites aux questions

Les réponses qui suivent sont celles du G3I en tant que tel et celles de ses composantes

1) L’avenir de la société multiculturelle en Europe doit aller dans le sens

- d’un enrichissement mutuel des citoyennes et citoyens d’Europe et donc de l’Europe par leurs différentes cultures.

- d’une recherche de reconnaissance de l’autre pour ce qu’il dit qu’il est et non pour ce que ma culture dit qu’il est. Ceci implique une éducation et une formation aux diverses cultures, y compris leur composante religieuse ou philosophique et à la manière dont elles ont conceptualisé le réel.

- d’une cohésion sociale construite sur des valeurs partagées et approuvées démocratiquement, c’est-à-dire sur l’acquis de l’Europe

Cet avenir dépend de la capacité de l’Europe à gérer cette multiculturalité dans le respect des personnes et des valeurs établies de façon démocratique4. Cette gestion implique un état de droit dans lequel toutes les personnes sont égales devant ce droit, quelque soit leur sexe, leur religion, leur origine. Cette gestion implique donc le  respect de la laïcité, c’est-à-dire la séparation des sphères religieuses et politiques, et donc

- que les valeurs définies démocratiquement soient garanties par l’Europe pour chaque citoyenne et chaque citoyen quelque soit sa religion et sa culture.

- qu’une religion ne puisse imposer ses valeurs (qui ne sont pas définies démocratiquement en général) contre celles qui ont été définies par un processus démocratique, ni intervenir dans la sphère politique.

- qu’un dialogue interconvictionnel authentique (cf question 3) puisse être établi entre les personnes de tous les courants de pensée, qu’ils soient religieux ou non,  et pas uniquement entre les hiérarchies de ces courants qui ne sont pas organisés démocratiquement. Ainsi, la consultation des ONG de ces divers courants est-elle indispensable (cf questions 10 et 11)

2) La diversité culturelle est une des richesses de l’Europe, car elle permet

- une perception plus riche du réel par la confrontation des perceptions du monde et des personnes proposées par chaque culture

- une meilleure compréhension et caractérisation de sa propre culture et une prise de conscience de ses manques et de ses limites

- enrichissement de sa culture par les apports des autres cultures

Ainsi, la diversité culturelle est un des éléments clés à prendre en compte pour permettre la cohésion sociale en Europe. Le défi est de mettre en évidence des valeurs qui soient reconnues et acceptées par  les citoyens et les citoyennes (et non nécessairement par les hiérarchies) quelque soit leur religion ou leurs convictions philosophiques, sans renier les valeurs actuellement reconnues (cf plus haut).

3) Le G3I s’appuie sur une conception du dialogue interculturel légèrement différente de celle du Conseil de l’Europe5.  Pour le G3I,

- il s’agit non seulement d’un échange de vues, mais d’une réexpression dans sa propre culture, approuvée par l’autre, de ce qu’il dit de sa culture. Cela implique une volonté de comprendre et de connaître l’autre. Cela implique donc une ouverture aux différentes identités qui s’expriment dans le cadre d’une culture donnée, donc un refus de simplification et de vision monolithique

- il s’agit non seulement d’un échange ouvert, mais d’un échange dans lequel chacun et chacune est prêt à se remettre en cause, dans lequel chacun et chacune reconnaît à l’autre le droit d’être ce qu’il-elle dit être, sans jugement de valeur. Cet échange implique la réciprocité ;

- il s’agit en effet d’un dialogue respectueux des personnes, mais pas nécessairement de leur pensée, ni de leur religion. Chacun et chacune doit reconnaître à l’autre le droit de le remettre en cause et de le questionner

- il s’agit de mieux comprendre non seulement la perception du monde, mais celle des personnes et de leur statut dans ce monde.  Il s’agit de mieux comprendre aussi comment cette perception est exprimée et les moyens utilisés pour l’exprimer. Cette volonté implique de s’intéresser à la dimension religieuse ou philosophique (traduite par convictionnelle) de ce dialogue

A ce propos, il est important de souligner que le mot « tolérance » non employé dans la définition du Conseil de l’Europe est dangereux. Pour une personne ou un groupe, la tolérance peut en effet signifier que la culture de l’autre est admise pourvu qu’elle ne l’interpelle pas. Elle peut ainsi être jugée mauvaise ou inférieure à sa culture.

4) Le groupe accorde une attention particulière à trois aspects :

- a) aux aspects interconvictionnels du dialogue interculturel et non pas uniquement à ses aspects interreligieux.  Le groupe estime en effet qu’il est contre productif de se limiter aux aspects interreligieux, car une large fraction des citoyens et citoyennes d’Europe sont athées ou agnostiques. Comme nous l’avons déclaré plus haut, les valeurs, la spiritualité ne sont pas réservés aux croyants.

- b) aux aspects du genre (une association du Réseau Européen Eglises et Libertés anime un centre de recherche sur « genre en christianisme »). Le groupe est fondamentalement convaincu que ne pas donner aux femmes des droits et des devoirs égaux à ceux des hommes, et donc interdire aux femmes (de droit ou de fait) l’accès aux responsabilités les plus hautes au même titre que les hommes, c’est amputer gravement l’humanité de sa partie féminine et donc  la déshumanier.

- c) à la laïcité qui permet d’établir un dialogue serein en dehors de toute recherche de prise de pouvoir.

5) Le G3I publiera les comptes rendus de son colloque 3I. Les ONG composant le G3I ont des publications régulières

6) Plusieurs initiatives sont actuellement prises :

- Le groupe organise un colloque au Conseil de l’Europe sur « Cohésion sociale dans une Europe multiculturelle, rôle et impact des courants de pensée et des religions ».

- Ce colloque sera l’occasion pour plusieurs des ONG de présenter des « exemples de bonnes pratiques » permettant le dialogue interculturel et sa dimension interconvictionnelle.

- plusieurs ONG de ce groupe contribuent dans le cadre de l’Union Européenne à un groupe de travail de députés européens sur religion et politique

- Le Réseau Européen Eglises et Libertés contribue au dialogue interreligieux et interconvictionnel sur la recherche de valeurs, la réflexion sur une spiritualité partagée par l’ensemble de l’humanité, et sur les articulations cultures-religions-valeurs-spiritualité et foi

7) Le G3I s’intéresse aux approches du dialogue interculturel du Conseil de l’Europe et de l’Union Européenne. Le Réseau Européen Eglises et Libertés s’intéresse en plus à la manière dont les Eglises et les religions s’intéressent à ce dialogue.

8) Le G3I pense que parmi les obstacles au dialogue interculturel, il faut citer les barrières suivantes qui doivent être surmontées:

- les barrières socio-économiques générées par les écarts considérables des revenus, des situations sociales, des capacités pour les uns et les autres de mener une vie digne et humanisante dans le respect des droits de l’Homme et de leur dimension socio-économique. Elles peuvent générer des conflits et/ou conduire à une inégalité de considération, à une impossibilité de se rencontrer et à une impossibilité de compréhension réciproque

- les barrières « géographiques » pouvant être générées par le manque de mixité sociale dans l’habitat (banlieues et centre-ville, risques de « ghettoisation », quartiers populaires et quartiers bourgeois), dans les écoles, dans les lieux et les types de loisir. Elles peuvent conduire à une impossibilité de se rencontrer, une grande difficulté de compréhension réciproque

- les barrières du sexe, pouvant être générées par

• l’inégalité de fait entre les droits des femmes et ceux des hommes, (responsabilités, statut social, possibilité d’accès à des postes de responsabilité, différences économiques, attitude des hommes et de certaines  institutions qui peuvent résulter de convictions religieuses ;
• une conception « sexuée » des valeurs et de la culture (valeurs féminines et masculines, capacités masculines et féminines, etc..)

- les barrières convictionnelles pouvant être générées par les religions ou les courants de pensée qui

• se considèrent souvent seuls en possession de la vérité et donc capable de définir les valeurs de référence, les attitudes, le bien et le mal ; elles peuvent conduire à une inégalité de considération, à deux certitudes qui s’affrontent, ce qui interdit tout dialogue authentique
• imposent à leurs croyants des attitudes souvent fondées sur une interprétation considérée comme définitive de leurs textes fondateurs, alors qu’elle est le fruit de situations sociales, politiques et historiques données qui ne correspondent plus à la situation européenne actuelle; elles peuvent conduire à un refus de compréhension réciproque

- les barrières culturelles, spirituelles et pouvant être générées par les différences de langue, les différences dans les référentiels utilisés pour expliquer le monde et la société (pour lesquels les religions et les courants de pensée jouent un rôle important), les écarts de niveau de formation, ou par des formations très différenciées, comme celles qui sont données dans un cadre communautariste. Ces barrières enferment les personnes dans leur vision limitée et rend difficile l’ouverture à l’autre.

- les barrières dues au manque de lien social résultant par exemple d’un manque de valeurs communes et/ou d’éthique partagées, de différence d’être et de comportements trop marquées ;

9) Le G3I propose pour la promotion du dialogue interculturel des mesures permettant la prise de conscience d’attitudes d’accueil, de reconnaissance et d’écoute de l’autre et des actions concrètes pour ne pas se limiter au dire:

a) attitudes

- développer un dialogue entre les institutions ecclésiales, les représentants de courants de pensée athée et agnostiques et les divers courants de croyants pour que chaque partie
• ait le souci de connaissance et de reconnaissance de l’autre dans son histoire, pour ce qu’il dit être et non par l’image que chaque partie en a.
• Reconnaisse à l’autre un égal droit à exister et sa contribution à la recherche de la vérité, quelles que soit sa religion ou ses convictions.
• reconnaisse ainsi qu’elle ne possède pas la vérité tout entière et que d’autres ont aussi leur part de vérité.
• reconnaisse qu’elle n’est pas la seule à développer des valeurs et donc reconnaître que les valeurs qu’elle prône ne lui sont pas nécessairement propres et qu’elles peuvent être partagées par d’autres hommes et femmes ayant des convictions différentes
• accepte, dans un dialogue authentique, les remises en cause ou les reformulations de la perception qu’elles ont de la vérité, bien souvent enfermée dans des formulations ou des attitudes intangibles qui n’ont plus de sens.
• modifie son comportement vis-à-vis des femmes en créant les conditions qui leur donne une dignité et un partage de responsabilité égal à celui des hommes, tant dans les Eglises que dans la société afin  qu’elles puissent y jouer les rôles que leur compétence et leur savoir faire leur permettent

- reconnaître la laïcité comme une des valeurs fondamentales et comme une condition du dialogue, ce qui implique la séparation des institutions religieuses et des états, ainsi que le respecter de l’autonomie de la sphère des convictions (religieuses ou autres) et de la sphère politique et socio-économique.

- avoir le souci d’intelligence et d’esprit critique pour comprendre les racines des haines, décrypter les situations de violence. Regarder ses blessures comme des ouvertures à l’autre pour revoir son histoire à travers sa culture et ce qu’il en dit : « et toi qui dis-tu que tu es ? »

b) actions

- développer des pédagogies de la gestion non-violente des conflits

- éduquer à l’hospitalité des différences et à l’altérité

- instaurer le dialogue entre les mémoires des religions et des courants de pensée athée et agnostique pour lutter contre l’ignorance qui engendre les fanatismes et les guerres, ce qui nécessite de façon urgente
• l’enseignement tant du fait religieux que du fait athée et agnostique, et l’affirmation de la valeur de la laïcité dans cet enseignement qui relève donc des compétences de tous et pas uniquement de celles des institutions ecclésiales. le souci
• création d’un Institut Européen de formation des enseignants aux faits religieux, athée et agnostique dans l’esprit de celui qu’a suggéré le Conseil de l’Europe
• la reconnaissance dans nos sociétés européennes des divers courants religieux, de l’athéisme et de l’agnosticisme

- faire sauter les barrières notées à la question 8 qui empêchent le dialogue interculturel par des actions de terrain, (comme par exemple celles qui seront présentées au colloque «  Cohésion sociale dans une Europe multiculturelle, rôle et impact des courants de pensée et des religions). Ceci nécessite :
• l’apprentissage et la pratique des valeurs communes qui fondent le lien social
• l’apprentissage de la langue du pays, donc multiplier les cours de langues accessibles à tous et à toutes.
• la création de lieux de rencontres culturelles, sociales, interconvictionnelles,  dans tous les quartiers, pour créer du lien social et susciter une écoute mutuelle. De tels lieux peuvent exister pour les différentes communautés (exemple les paroisses pour les chrétiens), mais il faut des lieux « interconvictionnels » dans lesquels chacun et chacune se sente reconnue pour ce qu’il/elle est. Certaines expériences ont été faites (maisons de quartier)
• imposer l’égalité des droits homme/femme avec un égal accès aux responsabilités dans tous les domaines
• créer les conditions de la mixité sociale, et particulièrement à l’école pour qu’un connaissance réciproque se fasse dès le plus jeune âge

10) Les programmes du Conseil de l’Europe et de l’Union Européenne ne sont pas assez ouverts. Ils sont organisés trop souvent comme si les relations interculturelles et interconvictionnelles pouvaient être limitées dans le temps et dans l’espace.

- Le Conseil de l’Europe devrait d’avantage relayer  ce que font les OING dans le domaine interculturel
• en interne auprès des éléments du « quadrilogue »
• en externe auprés des gouvernements
afin de soutenir, faciliter et faire connaître les actions menées

11) La valeur ajoutée du Conseil de l’Europe est de

- créer les conditions permettant aux OING  de faire entendre leur voix auprès des gouvernements concernant le dialogue interculturel et les conditions pour le mener efficacement

- pouvoir s’appuyer sur les OING pour avoir un autre point de vue que celui des gouvernements sur la situation du dialogue interculturel et sur les actions menées pour le développer

12) Il nous paraît très important qu’une bonne concertation soit faite avec l’Union Européenne et l’UNESCO d’une part et avec les services concernés des différents pays d’Europe. Il serait bon

- d’éviter les doublons

- de relayer les activités, les actions et les projets des uns par les autres

13) oui

 

1.   Ce néologisme a été introduit pour bien montrer que le groupe comprend des associations non gouvernementales de toutes convictions, qu’elles soient religieuses ou pas.  [Back]

2.   Cf par exemple « Vocabulaire des intraduisibles » de Barbara Cassin [Back]

3.   Ainsi par exemple, on ne peut donc pas dire qu’une langue est plus apte à exprimer la philosophie qu’une autre  [Back]

4.   Parmi ces valeurs il y a les droits humains décrits dans la charte des droits de l’Homme qui incluent les droits socio-économiques. Ils impliquent l’égalité de droits homme femme  [Back]

5.   « Le dialogue interculturel est un échange de vues ouvert et respectueux entre les individus et des groupes appartenant à des cultures différentes, qui permet de mieux comprendre la perception du mond propre à chacun. »  [Back]

 

This content last updated 11 February 2013 @ 3:21 pm